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Cartes Pokémon, fuite de données et réseaux sociaux : les vols ciblés se multiplient en France

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Summary

A growing trend of targeted crime involving Pokémon cards and cryptocurrency is emerging in France. Since 2022, a series of increasingly sophisticated and violent thefts have been documented, driven by the rising value of rare cards and the potential to access cryptocurrency holdings. Criminals are leveraging data leaks, social media, and intelligence gathering to identify targets and exploit vulnerabilities, including bypassing security systems and utilizing information about planned events like Pokémon Galas. The trend is accelerating, with projections indicating a significant increase in the number and value of these crimes in 2025 and 2026, highlighting a concerning shift from simple theft to organized criminal activity.

Cartes Pokémon, fuite de données et réseaux sociaux : les vols ciblés se multiplient en France. Cambriolages, braquages, repérage des victimes : les cartes Pokémon attirent une criminalité de plus en plus structurée, avec des méthodes proches du ciblage des détenteurs de cryptomonnaies. Aucune statistique nationale française ne permet aujourd’hui d’isoler précisément les vols visant des cartes Pokémon. Les services de l’État enregistrent ces faits sous leurs qualifications pénales habituelles, vol, cambriolage, effraction, vol avec violences ou vol avec arme. Pourtant, les affaires documentées par le Service de Veille et d’investigation de ZATAZ depuis 2022 montrent une succession de dossiers particulièrement lourds. Collectionneurs, boutiques, salons spécialisés et marchandises transportées sont concernés. En 2025, au moins quatre affaires significatives peuvent être identifiées publiquement en France. En 2026, plusieurs nouveaux vols dépassent encore plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de milliers d’euros. Les modes opératoires suggèrent parfois un véritable travail de renseignement, via des fuites de données et les réseaux sociaux, préalable sur les victimes.

Des collections devenues des cibles criminelles. Il n’existe pas de catégorie statistique nationale intitulée « vol de cartes Pokémon ». Cette absence empêche de produire un chiffre exhaustif pour la France ou d’affirmer, par exemple, qu’un nombre précis de cambriolages Pokémon a été commis durant une année donnée.

Les affaires connues permettent néanmoins de suivre une évolution sur plusieurs années. Elles montrent surtout que la valeur croissante des collections peut transformer certains détenteurs en cibles identifiables. L’arrivée du 30ème anniversaire de Pokemon a déjà fait exploser des cas comme ces distributeurs de cartes infiltrés ou encore la logistique de Pokemon Center obligé de tout stopper à la suite d’une cyber attaque.

En France, le 2 août 2022, à Montagnieu, en Isère, un collectionneur met sa collection en vente sur Leboncoin. Des personnes se présentent à son domicile en se faisant passer pour des acheteurs. Elles le menacent avec une arme de poing, le frappent puis repartent avec ses cartes. Le préjudice est estimé à environ 15 000 €. Ce dossier illustre déjà un mécanisme central : l’exposition publique d’un patrimoine (même sur LeBonCoin) peut donner à des criminels suffisamment d’informations pour localiser une victime et provoquer une rencontre.

Le 16 mars 2023, dans le secteur de Montfort-sur-Meu, près de Rennes, le niveau de violence change d’échelle. Deux hommes s’introduisent vers 5 heures du matin chez un collectionneur-revendeur. Ils le rouent de coups et le forcent à remplir des sacs avec sa collection. Environ 200 000 cartes sont emportées, pour un poids proche de 400 kg. Leur valeur est alors estimée entre 100 000 et 200 000 €. La Gendarmerie nationale est sur l’affaire. Trois hommes, dont un receleur, seront condamnés à Rennes en 2024.

Cette même année 2023 montre que les cartes Pokémon ne sont pas uniquement recherchées chez les particuliers. Entre février et juillet, quatre hommes sont soupçonnés d’une série de cambriolages visant des camions de fret en Seine-Saint-Denis, dans le Val-d’Oise, l’Essonne, la Seine-et-Marne et l’Eure-et-Loir. Lors des perquisitions, les enquêteurs découvrent notamment 40 cartons de cartes Pokémon, valorisés autour de 25 000 €. Il ne s’agit pas ici du ciblage direct d’un collectionneur. Le dossier montre toutefois que ces produits peuvent intégrer des circuits criminels organisés visant des marchandises faciles à revendre.

Un autre dossier, beaucoup moins médiatisé, apparaît dans une décision du tribunal judiciaire d’Albi (RG n’24/02016). Entre le 23 et le 26 octobre 2023, dans le Tarn, des personnes pratiquant l’achat et la revente de cartes Pokémon sont victimes d’un cambriolage à leur domicile pendant un déplacement. Une expertise chiffre à 53 194,67 € la seule valeur des cartes dérobées. Le sinistre global est estimé à 120 000 €.

Les mêmes victimes indiquent avoir subi, durant ce déplacement, un second vol de cartes dans leur véhicule. Une plainte distincte est déposée. La décision judiciaire évoque également un préjudice déclaré très élevé. Le montant doit toutefois être interprété avec prudence, en raison de la formulation de la décision et du contentieux ultérieur avec l’assureur.

Un autre dossier, situé entre 2023 et 2024, concerne une collection française comptant 147 000 cartes. Environ les trois quarts auraient été dérobés lors d’un cambriolage. Le propriétaire estime ses pertes à plus de 620 000 €. Les auteurs auraient appliqué un produit sur certaines boîtes dans une tentative supposée d’effacer leurs traces. Cette affaire révèle l’importance atteinte par certaines collections privées et le niveau de préparation que peuvent adopter des cambrioleurs.

Octobre 2024 apporte un cas particulièrement instructif à Palaiseau, en Essonne. Des auteurs pénètrent au domicile d’un collectionneur et s’intéressent notamment à un coffre scellé. Ils emportent une soixantaine de cartes Pokémon estimées à plus de 150 000 €, du matériel informatique, de l’argent liquide et des éléments permettant d’accéder à des comptes de cryptomonnaies. Une source policière décrit alors les auteurs comme probablement « bien informés ».

Ce rapprochement entre cartes de collection et cryptoactifs n’est pas anecdotique. Dans les deux cas, le patrimoine peut être concentré autour d’une personne connue ou identifiable. La valeur peut atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros sans nécessiter le déplacement d’objets particulièrement volumineux. Surtout, des informations publiques peuvent révéler l’existence du patrimoine, sa valeur approximative ou les habitudes de son propriétaire.

Le 6 novembre 2024, une maison appartenant au vidéaste Inoxtag est cambriolé dans les Yvelines alors qu’un de ses amis l’occupe. Plusieurs cartes Pokémon figurent parmi les objets volés. Le dossier se poursuit sur le plan judiciaire en mars 2025, avec l’interpellation de deux suspects, dont le rappeur Landy, par la Brigade de répression du banditisme de Versailles.

2025 et 2026 marquent une nouvelle accélération

Pour 2025, au moins quatre affaires significatives peuvent être recensées à partir des informations disponibles. Elles constituent un minimum documenté par ZATAZ et non un total national. Le 12 janvier 2025, à Bourgoin-Jallieu, en Isère, le showroom Vegastore est cambriolé. Les auteurs ciblent des cartes et des coffrets Pokémon. Le préjudice est estimé entre 5 000 et 8 000 €.

Les 8 et 9 avril, à Rouen, quatre personnes âgées de 14 à 20 ans sont interpellées après le bris de la vitrine d’un magasin. Des packs de cartes Pokémon ont été dérobés. Le dossier illustre une autre facette du phénomène, avec des commerces spécialisés directement exposés à des vols rapides visant une marchandise identifiable.

Le même mois, à Paris, une affaire d’une toute autre ampleur se produit lors du Pokémon Gala organisé à l’espace Champerret. Environ 1 000 cartes disparaissent. Leur valeur est estimée à 310 000 €. Trois suspects sont ensuite mis en examen, notamment pour vol en bande organisée.

Le choix d’un salon spécialisé concentre plusieurs facteurs favorables aux voleurs. De nombreuses cartes de forte valeur sont réunies dans un même lieu, les vendeurs exposent leur stock et l’événement attire un public connaissant précisément les produits les plus recherchés. La concentration exceptionnelle de valeur devient donc également une concentration du risque.

Dans la nuit du 12 au 13 octobre 2025, PikaPlasma, à Avrillé près d’Angers, est cambriolé à son tour. Environ 1 000 cartes Pokémon sont emportées, pour un préjudice estimé à 80 000 €. Les auteurs auraient employé des moyens permettant de neutraliser les systèmes d’alarme. Ce détail donne au dossier une dimension supplémentaire : l’intrusion ne reposerait pas uniquement sur l’effraction, elle intégrerait aussi la prise en compte des dispositifs de protection.

Ces quatre affaires ne permettent pas d’affirmer qu’il s’agit de la totalité des vols Pokémon commis en France en 2025. Des procédures locales ont pu ne jamais atteindre les médias nationaux. Une formulation prudente consiste donc à indiquer qu’aucun décompte spécifique ne semble être publié par le ministère de l’Intérieur et que plusieurs affaires significatives, représentant plusieurs centaines de milliers d’euros de pertes, ont néanmoins pu être documentées. A noter que ZATAZ va découvrir via une information du Service de veille et d’investigation de ZATAZ qu’au moins deux bases de de données auraient permis de cibles des collectionneurs à cette époque. Les pirates se vantaient d’avoir « analysé les datas pokpok ».

La tendance ne disparaît pas en 2026. Elle paraît au contraire se prolonger avec des dossiers encore plus violents.

Le 21 avril, à Prigonrieux, près de Bergerac, en Dordogne, deux hommes ciblent le domicile d’un collectionneur professionnel. L’un d’eux se présente comme livreur. Il sort ensuite une arme. La victime est immobilisée et ligotée avant que les agresseurs emportent des milliers de cartes. Leur valeur est estimée autour de 300 000 €. Là encore, la chronologie pose directement la question du renseignement dont disposaient les auteurs sur la victime, ses activités et la présence temporaire de cartes de grande valeur à son domicile.

Les 12 et 13 août 2026, Bourgoin-Jallieu apparaît de nouveau dans cette cartographie criminelle. Trois ou quatre individus, selon les sources citées, pénètrent de nuit dans une nouvelle boutique spécialisée. Plusieurs centaines de cartes sont emportées. Les estimations du préjudice s’étendent de 70 000 à 120 000 €. Dans un reportage de TF1, des victimes expliquent consacrer des dizaines de milliers d’euros à leur sécurité, avec des protections comparées à celles d’une bijouterie.

Ce parallèle ne signifie pas que les mécanismes criminels sont identiques. Dérober une carte nécessite de prendre possession d’un objet physique et de trouver ensuite un acquéreur ou un intermédiaire. Le vol de cryptomonnaies nécessite souvent d’obtenir des identifiants, des clés, des appareils ou la coopération forcée du détenteur. Pourtant, dans les deux univers, l’étape préalable peut être comparable : identifier la personne, connaître son patrimoine, comprendre ses habitudes et déterminer le moment où les actifs sont accessibles.

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